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"L'enseignement des mathématiques"  par Mr KHELIFATI Saddek

 

MODERNITE ET OUVERTURE

DE L’UNIVERSITE

 par Herzallah Abdelkarim

email: abdelkarim_herzallah@yahoo.fr

Depuis l’indépendance du pays en 1962, l’enseignement est devenu une aspiration légitime chez le citoyen algérien. Depuis l'indépendance, l’Etat Algérien n’a cessé de placer le secteur de l’enseignement au début de ses priorités. Il lui accorde une part importante de ses richesses pour que l’université s’affranchisse convenablement du rôle qui lui est dévolu c'est-à-dire de transmettre des valeurs et conforter des pratiques communément répandues dans la société. Pourtant un questionnement auprès de la personne lambda montrerait une nuance à cette vérité. On constate que l’étudiant ne perçoit pas ces valeurs de la même manière que dans le passé récent. Les objectifs de l’université tendent à devenir contradictoires avec les perceptions et les attentes de l’étudiant au point que ce dernier se réfugie dans une situation de repli, voire de rejet, ne participant que par contrainte à sa propre formation. Comment sommes-nous arrivés à ce stade ? Ne sommes-nous pas en train de faillir à notre devoir qui est celui d’assurer à l’université sa plénitude et son universalité par le modernisme et l’ouverture au monde extérieur ?

MODERNITE DE L’UNIVERSITE

La modernité de l’université implique la redéfinition de son rôle dans ce monde de plus en plus complexe. Elle implique aussi à déployer un nouveau mode de gouvernance qui favorise la participation de l’enseignant et l’intéressement de l’étudiant.

1. Le rôle de l’université

Le rôle et la place de l’université dans la société sont la formation des cadres, le développement général du pays et l’enrichissement de son patrimoine culturel et historique. C’est un rôle qu’on peut qualifier de classique, mais pour l’atteindre dans ce monde globalisé, l’université est appelée à :

  • s’ouvrir au monde en adoptant un profil de communication et de mobilité de ses personnels et de ses étudiants en vue de la diffusion de son image de marque et de l’appropriation du savoir et du savoir-faire.

  • Développer des filières de formation attractives en rapport avec le champ de ses compétences en mettant en relief ses spécificités.

  • Répondre aux besoins de l'éducation tout au long de la vie.

1.1. Intéressement de l’étudiant

Les voies et les moyens pour que l’étudiant s’intéresse davantage à ses études n’en manquent pas. Diverses nations sont passées par ce stade. Il nous appartient seulement d’être à l’écoute de cette catégorie de la population qui subit de plein fouet les changements très rapides qui s’opèrent dans l’environnement mondial rendu immédiat par les divers moyens de communication. L’université est appelée à :

  • Permettre le changement de parcours de formation de l’étudiant à une étape raisonnable de sa scolarité, et aussi lui permettre de choisir la filière qui correspond le mieux à ses aptitudes,

  • Marquer les enseignements par des illustrations et travaux pratiques en relation avec les exigences de l’heure.

  • Adopter un système d’évaluation et de progression souple qui encourage l’initiative, tourné vers la réussite et non vers l’échec tout en assurant la qualité de la formation.

  • Assouplir les procédures administratives, et donner de l’importance à la vie associative pour permettre à l’étudiant de s’épanouir dans la camaraderie et d’élargir son champ de connaissances grâce à l’adhésion à un club scientifique, humanitaire ou culturel

  • Susciter chez l’étudiant l’introspection pour savoir ses tendances et ses prédispositions.

1.2. Participation de l’enseignant

La situation des enseignants est non moins préoccupante ; pourtant, l’enseignant est le pilier de la construction d’une pédagogie performante.

Ce qui est attendu de l’enseignant, c'est :

  • Encadrer et conseiller l’étudiant dans l’expression de son parcours de formation,

  • Encadrer et animer les équipes et comités pédagogiques,

  • Dispenser un enseignement en rapport avec les exigences de la filière en y intégrant quand cela est nécessaire les « ingrédients » indispensables,

  • Entretenir des relations étroites avec l’administration et cordiales avec les étudiants et ses collègues de travail

  • Animer les sujets de réflexions associatives, pédagogiques ou de recherche

1.3. La bonne gouvernance

Si l’intéressement de l’étudiant et la participation de l’enseignant sont des facteurs pour une bonne gouvernance, il faut ajouter d'autres paramètres, tels que  :

  • L’enseignement qui permet à l’étudiant de faire une évaluation à mi-parcours, du type enseignement semestriel. La semestrialisation motive davantage l’étudiant parce qu’ils produit un travail régulier, et est à même d’évaluer plus rapidement le fruit de son travail.

  • L’évaluation de connaissances périodiques qui permet à l’étudiant de mesurer ses performances, du type contrôles continus réguliers.

  • L’évaluation de l’enseignant par l’étudiant par des questionnaires.

  • Procédures administratives simplifiées.

  • Le suivi des anciens diplômés car il faut le préciser que l’attention à leur égard est absente de la culture universitaire. Leur insertion professionnelle, leur adaptation, leur répartition par fonction, employeur, situation, contrat, salaire, suivant les promotions, doit être connue. C’est une donnée fondamentale de l’auto évaluation de l’université, mais aussi de son évaluation nationale voire internationale.

OUVERTURE VERS LE MONDE

L’université est par définition universaliste. Elle ne peut rester en marge du monde si elle veut continuer d’exister. L’ouverture concerne aussi bien son environnement immédiat que mondial.

1. L’environnement socio économique

L’attractivité des filières de formation ne dépend pas que de l’université. Celle-ci peut concevoir le parcours le plus attrayant possible mais rien ne se fera sans la participation effective du secteur utilisateur. Celui-ci est appelé à :

  • Participer à certaines offres de formation dite professionnalisantes (programmes, enseignement),

  • Permettre autant que possible aux étudiants d’effectuer des stages pratiques,

  • Travailler en relation étroite avec les chercheurs universitaires dans le développement de projets (recherche - développement),

L’université doit voir deux catégories de la population : Les étudiants, et les individus au seuil d'un emploi. Elle devra assurer aux premier l'épanouissement ou l'accomplissement de soi par le moyen de la culture générale, et aussi de les rassurer par un enseignement général attractif. Aux seconds, avec le secteur socio-économique, de susciter l’employabilité par la voie de la recherche, les métiers nouveaux, l’apprentissage, la professionnalisation..

2. Conventions

L’une des principales raisons de l’université est d’échanger les expériences, les résultats de recherche et la documentation aussi bien avec les universités du pays que les universités d’autres continents. A cet effet, l’université est appelée à :

  • Multiplier les conventions de coopération dans les domaines de l’enseignement, la recherche,

  • Favoriser autant que possibilité la mobilité humaine de l’Algérie vers les pays émergents et réciproquement,

  • Maintenir des relations scientifiques étroites avec la diaspora algérienne installée à l’Etranger

Conclusion

Il faut que le système éducatif puisse envisager la formation des étudiants au civisme et à la citoyenneté. Pour y arriver,  il ne faut pas que la faculté se renferme dans l'enseignement d'une filière et ignorer son environnement qui en constitue le ciment. Il faut créer une symbiose entre les scientifiques et les littéraires pour qu’émerge l’indispensable universalité de la culture à l'université ?

Si l'état a assumé son rôle, il reste que l’étudiant tout comme l’enseignant ont des devoirs, qu’ils doivent comprendre que le pays ne se hissera au rang des meilleurs que par l’effort collectif dans une synergie durable.